Nos amis à quatre pattes

Témoignage

Cette histoire est celle de million d’animaux qui, aux quatre coins du monde, meurent chaque année dans des refuges, abandonnés comme des jouets démodés par les humains démotivés, voir égoïstes.

Ecrite par un ami des animaux canadien qui aspire à faire prendre conscience de l’horreur des abandons, elle circule sur Internet et fait sortir des poches de nombreux mouchoirs ...

Je me suis permis de la mettre également sur cette page car moi aussi j'éprouve les mêmes sentiments face aux animaux de compagnie. On se doit de les aimer et de nous en occuper jusqu'au bout de leur vie, c'est la moindre des choses face à tant de gentillesse et de fidélité données, jour après jour, tout au long de leur existence.

Comment est-ce possible ?

Quand j’étais un chiot, je t’ai amusé avec mes cabrioles et je t’ai fait rire. Tu m’as appelé ton enfant, et en dépit de plusieurs chaussures mâchées et quelques oreillers assassinés, je suis devenu ton meilleur ami. Toutes les fois que j’étais méchant, tu agitais ton doigt vers moi et tu me demandais : Comment est-ce possible ? Mais après on s’amusait ensemble. Mon éducation a pris un peu plus de temps que prévu, parce que tu étais terriblement occupé, mais nous y avons travaillé ensemble. Je me souviens de ces nuits où je fouinais dans ton lit et écoutais tes confidences et rêves secrets, et je croyais que la vie ne pouvait pas être plus parfaite. Nous sommes allés pour de longues promenades et courses dans le parc, promenades de voiture, arrêts pour de la crème glacée (j’ai seulement eu le cornet parce que la glace est mauvaise pour les chiens, comme tu disais), et je faisais de longues siestes au soleil en attendant que tu rentres à la maison.

Progressivement, tu as commencé à passer plus de temps au travail et à te concentrer sur ta carrière, et plus de temps à chercher une compagne humaine. Je t’ai attendu patiemment, je t’ai consolé après chaque déchirement de cœur et chaque déception, je ne t’ai jamais réprimandé au sujet de mauvaises décisions, et je me suis ébattu avec joie lors de tes retours au foyer. Et puis tu es tombé amoureux. Elle, qui maintenant est ta femme, n’est pas une fana des chiens, mais je l’ai accueillie dans notre maison, essayé de lui montrer de l’affection, et lui ai obéi. J’étais heureux parce que tu étais heureux.

Ensuite les bébés humains sont arrivés et j’ai partagé votre excitation. J’étais fasciné par leur couleur rose, leur odeur, et je voulais les pouponner aussi. Seulement vous vous êtes inquiétés que je puisse les blesser, et j’ai passé la plupart de mon temps banni dans une autre pièce ou dans une niche. Alors que je voulais les aimer, je suis devenu un prisonnier de l’amour.

Comme les enfants ont commencé à grandir, je suis devenu leur ami. Ils se sont accrochés à ma fourrure et se sont levés sur leurs jambes chancelantes, ont planté leurs doigts dans mes yeux, fouillé mes oreilles, et m’ont donné des baisers sur la truffe. J’aimais tout d’eux - parce que les tiennes étaient maintenant si peu fréquentes – et je les aurais défendu au prix de ma vie si besoin était.

J’allais dans leur lit et j’écoutais leurs soucis et rêves secrets, et ensemble nous attendions le bruit de ta voiture dans l’allée.

Il y eu un temps, quand les autres te demandaient si tu avais un chien, tu leur montrais une photo de moi dans ton portefeuille et tu leur racontais des histoires à mon propos. Ces dernières années, tu répondais juste oui et tu changeais de sujet. Je suis passé du statut de ton chien à seulement un chien, et vous vous êtes offensés de chaque dépense effectuée pour moi. Maintenant, vous avez une nouvelle occasion de carrière dans une autre ville, et vous allez déménager dans un appartement qui n’autorise pas d’animaux familiers. Tu as fait le bon choix pour ta famille, mais il y eu un temps où j’étais ta seule famille.

 Direction refuge

J’étais excité par la promenade en voiture jusqu’à ce que nous arrivions au refuge pour animaux. Cela sentait les chiens et les chats, la peur, le désespoir. Tu as rempli la paperasserie et tu as dit : Je sais que vous trouverez une bonne maison pour lui. Ils ont haussé les épaules et vous ont jeté un regard attristé. Ils comprennent la réalité qui fait face à un chien entre deux âges, même un avec des papiers. Tu as dû forcer les doigts de ton fils pour les détacher de mon col et il a crié : Non, papa ? S’il te plaît, ne les laisse pas prendre mon chien ! Et je me suis inquiété pour lui. Quelles leçons lui avez-vous apprises à l’instant au sujet de l’amitié et de la loyauté, au sujet de l’amour et de la responsabilité, et au sujet du respect pour toute la vie ? Tu m’as donné un «au revoir - caresse sur la tête, tu as évité mes yeux et tu as refusé d’emporter mon collier avec vous.

Après votre départ, les deux gentilles dames ont dit que vous saviez probablement déjà depuis plusieurs mois que vous deviez déménager et que vous n’aviez rien fait pour me trouver une autre bonne maison pour me prendre en charge et me rendre heureux. Elles ont secoué la tête et ont dit : Comment est-ce possible ?

Ils sont aussi attentifs à nous, ici dans le refuge, que leurs programmes chargés le leur permettent. Ils nous nourrissent, bien sûr, mais j’ai perdu l’appétit petit à petit. Au début, chaque fois que quelqu’un passait près de ma cage, je me dépêchais en espérant que c’était toi, que tu avais changé d’avis, que c’était juste un mauvais rêve … j’espérais tout au moins que çà soit quelqu’un qui se soucie de moi et qui pourrait me sauver.

Quand je me suis rendu compte que je ne pourrais pas rivaliser avec les autres chiots qui folâtraient pour attirer l’attention, je me suis retiré dans un coin de la cage et j’ai attendu …

Appréhension

 J’ai entendu ses pas quand elle s’est approchée de moi en fin de journée, et j’ai trottiné le long de l’allée jusqu’à une pièce séparée. Une pièce heureusement tranquille. Elle m’a placé sur une table et a frotté mes oreilles et m’a dit de ne pas m’inquiéter. Mon cœur battait d’appréhension, sentant ce qui allait venir, mais il y avait aussi un sentiment de soulagement.

Le prisonnier de l’amour avait survécu à travers les semaines et les mois d’abandon. Comme c’est dans ma nature, je me suis plutôt inquiété pour elle. Le fardeau qu’elle porte lui pèse lourdement je le sais, de la même manière que je connaissais votre humeur à vous mes maîtres. Elle a placé une chaîne doucement autour de ma patte de devant et une larme a roulé sur ses joues.

J’ai léché sa main comme j’en avais l’habitude quand je te consolais il y a tant d’années. Elle a glissé l’aiguille hypodermique, habilement, dans ma veine. Quand j’ai senti la piqûre et le liquide se répandre à travers mon corps, je me suis assoupi.

Je pouvais encore l’apercevoir et mes yeux lui ont murmurer : Comment as-tu pu ? Peut-être parce qu’elle comprenait mon langage, elle m’a répondu : Je suis si désolée ! Elle m’a étreint et m’a expliqué précipitamment que c’était son travail de s’assurer que j’allais à une meilleure place où je ne serais pas ignoré, ni abusé, ni abandonné, où j’aurais à pourvoir moi-même à mes besoins, à une place remplie d’amour et de lumière, très différente de cet endroit.

Et avec mes dernières forces, j’ai essayé de me transporter jusqu’à elle et lui expliquer avec un petit battement de queue que mon "Comment as-tu pu ?" n’était pas dirigé contre elle.

C’est à toi, mon maître bien-aimé, que je pensais. Je penserai à toi et t’attendrai à  jamais. Puisse tout le monde dans ta vie continuer à te montrer autant de loyauté.

Jim Willis

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