Mon papa

 

Tu es parti, il y a longtemps,

Ton souvenir est là en moi,

Tu as forgé mon maintenant

Ce que je suis, je te le dois

 

Petit, je n'avais d'yeux que pour toi,

Je te regardais, t’admirais, t’enviais

Tu marchais vite, moi je courais,

Devenu homme, c’est la vie, sa loi.

 

J’apprenais à mon tour ce rôle

Celui d’être moi aussi un père

Responsable, aimant et sévère

Ce n’est pas toujours drôle.

 

Mais fier de les voir maintenant

Affronter la vie et ses tourments

Avec courage et respect d’autrui

Je dis avec fierté, il a mûri le fruit.

 

Celui que m’a donné mon père

Mes enfants le transmettant

Eux à leur tour en feront autant

Ainsi va la vie, disait leur mère.

 

Tu ne m’as jamais dit, je t’aime

Et moi j’ai failli en faire autant

N’oser le dire à mes enfants

Ces deux mots, tout de même.

 

J’ai écrit pour eux des poèmes

Dans lesquels je leur disais

Mes enfants, je vous aime

Un à un ils m’ont dit, je sais.

 

Plus tu vieillissais, plus je t’aimais

Puis les rôles se sont inversés,

Je suis devenu ton fils attentionné,

Te conseillant, toi tu m'écoutais.

 

Tu me disais, "tu as raison papa" !

Avec ton petit air moqueur, rieur

Cela me mettait du baume au cœur

Papa, nous vois-tu de l’au-delà ?

 

Aujourd'hui, j'ose enfin te dire

Merci papa, je t'aime papa.

 

Jean Mollier

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